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Petite carapace grise, allure de crevette miniature, capacité à se rouler en boule au moindre danger : le cloporte intrigue autant qu’il dérange. Avec l’humidité qui s’installe à l’automne, il refait surface dans les caves, les salles de bains et les recoins peu aérés. Bonne nouvelle avant tout : il ne représente aucun danger. Meilleure nouvelle encore : sa présence est un message qu’il vaut mieux écouter que combattre. Voici comment se débarrasser des cloportes pour de bon.
Le cloporte, un crustacé chez vous : pas un insecte
Première surprise : malgré son allure et son mode de vie, le cloporte n’est pas un insecte. C’est le seul crustacé terrestre à avoir totalement conquis la vie hors de l’eau : un cousin lointain des crevettes et des crabes, resté fidèle à l’humidité de ses origines aquatiques. Cette particularité biologique explique à elle seule tout ce qui suit, y compris pourquoi les insecticides classiques n’ont aucun effet sur lui.
Gris, noir, parfois brun-jaunâtre, il mesure entre 1 et 2 cm et porte une carapace segmentée en plaques rigides. Il se déplace sur 7 paires de pattes, complétées de fausses pattes abdominales, et sait se rouler en boule pour se protéger, un réflexe défensif hérité, comme sa carapace, de ses ancêtres marins. Sa durée de vie est d’un à deux ans, et les femelles portent leurs œufs sous l’abdomen, dans une poche incubatrice, jusqu’à l’éclosion.

Pourquoi le cloporte apparaît-il chez vous à l’automne ?
Le cloporte a un unique besoin non négociable : l’humidité. Il respire par des branchies modifiées et se déshydrate très vite dans un air sec : c’est un animal qui ne survit tout simplement pas loin de l’eau ou de conditions humides. À l’extérieur, on le trouve sous les feuilles mortes, les pierres, les pots de fleurs ou dans un tas de compost. Quand l’automne apporte pluies et fraîcheur, ces refuges extérieurs deviennent détrempés, et le cloporte migre naturellement vers des zones plus stables : caves, sous-sols, dessous d’éviers, ou toute pièce où l’humidité persiste.
Une fois à l’intérieur, il se nourrit exclusivement de matières organiques en décomposition (feuilles mortes, bois pourrissant, moisissures), jamais de vos aliments, jamais de vos textiles, jamais de votre bois de charpente. On le retrouve souvent dans le bois de chauffage rentré depuis l’extérieur. Au jardin, c’est même un allié précieux : en décomposant la matière organique, il participe activement à la formation de l’humus.
Le cloporte est-il dangereux pour la maison ?
Non, et c’est sans appel : le cloporte est totalement inoffensif. Il ne pique pas, ne mord pas, ne transmet aucune maladie et ne s’attaque à aucun matériau de construction : n’étant pas xylophage, il ne mange pas de bois et ne menace donc jamais une charpente ou une ossature.
Voir plusieurs cloportes chez vous signale presque toujours un problème d’humidité sous-jacent (une fuite, une mauvaise ventilation, une infiltration) qu’il vaut mieux identifier que masquer. Traitez la cause, et les cloportes disparaîtront d’eux-mêmes, faute de conditions favorables.
Pourquoi les insecticides ne fonctionnent pas contre les cloportes
C’est le point le plus important de cet article, et la question que se posent le plus souvent ceux qui en trouvent chez eux : aucun insecticide n’est efficace contre le cloporte, car ce n’est pas un insecte. Un produit conçu pour agir sur le système nerveux d’un insecte n’a pas la même action sur la physiologie d’un crustacé. Pulvériser un insecticide classique dans une cave humide est donc, au mieux, inutile, et ne traite jamais la cause réelle de leur présence.
Se débarrasser des cloportes : assécher et éclairer
Puisque le cloporte fuit la sécheresse et la lumière, la stratégie efficace consiste à lui retirer les deux conditions dont il dépend :
- Identifiez et traitez la source d’humidité. Recherchez une fuite (canalisation, joint de robinetterie, infiltration en façade), un problème de ventilation ou de condensation. C’est l’étape qui règle le problème à la racine.
- Aérez systématiquement. Cave, sous-sol, salle de bains : ouvrez les aérations existantes, faites circuler l’air quotidiennement, et envisagez une VMC ou un extracteur si l’humidité est chronique.
- Asséchez l’air ambiant. Dans une cave ou un local mal ventilé, un absorbeur d’humidité (sels hygroscopiques) réduit le taux d’hygrométrie sans installation lourde.
- Laissez entrer la lumière. Le cloporte fuit la clarté. Dégagez les recoins sombres et encombrés, et limitez les cachettes (cartons au sol, tissus entassés, planches contre un mur humide).
- Éloignez les foyers extérieurs. Feuilles mortes, tas de bois ou de compost collés à la façade sont des réservoirs à cloportes juste à côté de vos murs : décalez-les de quelques dizaines de centimètres et surélevez le bois de stockage.
- Colmatez les points de passage. Fissures de soubassement, joints de plinthes, passages de canalisations : un calfeutrage limite les allées et venues, en complément de l’assèchement.

Faut-il s’en débarrasser au jardin ?
Non : au jardin, le cloporte travaille pour vous. Décomposeur actif, il contribue à transformer les débris végétaux en humus fertile, sans jamais s’attaquer aux plantes vivantes ni aux racines. La seule vigilance : évitez qu’il ne prolifère juste contre les murs de la maison, pour la raison de migration expliquée plus haut.
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Puisque la solution passe par l’humidité et non par un traitement chimique ciblé, voici les produits complémentaires les plus pertinents dans votre démarche :
Utile si votre cave humide héberge par ailleurs de vrais insectes rampants (cloportes et cafards ou blattes cohabitent souvent dans les mêmes recoins humides), il traite ces derniers sans agir sur les cloportes eux-mêmes.
En barrière sur les points de passage extérieurs, pour limiter les insectes rampants qui accompagnent souvent les problèmes d’humidité.
Le mode d’emploi du fumigène insecticide Profyr, en vidéo.
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Nous contacterRestez vigilant et utilisez nos produits avec précaution : avant toute utilisation, lisez l’étiquette et les informations concernant le produit.
Ce qu’il faut retenir
- Le cloporte n’est pas un insecte : c’est le seul crustacé entièrement terrestre, et c’est pour cela qu’aucun insecticide n’a d’effet sur lui.
- Il est totalement inoffensif : pas de piqûre, pas de danger pour la charpente, aucune maladie transmise.
- Sa présence en nombre est un signal fiable d’humidité excessive : traiter la cause fait disparaître le problème.
- La solution efficace : assécher, aérer, éclairer, colmater, mais jamais un spray insecticide.
- Au jardin, c’est un allié du compost et de l’humus : inutile de l’éliminer, juste de le tenir à distance des murs.
Questions fréquentes
Pourquoi ai-je des cloportes dans ma salle de bains ou ma cave ?
Parce que ce sont les pièces les plus humides de la maison. Le cloporte se déshydrate vite et recherche activement ces environnements. Leur présence signale généralement une humidité à traiter : fuite, mauvaise ventilation ou condensation.
Existe-t-il un insecticide efficace contre les cloportes ?
Non, et c’est normal : le cloporte est un crustacé, pas un insecte, et les insecticides n’agissent pas sur sa physiologie. La seule solution durable consiste à réduire l’humidité et à limiter les cachettes sombres.
Le cloporte peut-il abîmer le bois de ma maison ?
Non. Il n’est pas xylophage : il se nourrit uniquement de matières organiques en décomposition (feuilles, moisissures) et ne s’attaque jamais au bois de charpente ou de structure.
Faut-il éliminer les cloportes du jardin ?
Non, ils y sont utiles : décomposeurs actifs, ils participent à la formation de l’humus. Il suffit d’éviter qu’ils ne prolifèrent contre les murs en éloignant les tas de feuilles, de bois ou de compost de la façade.
- INPN / Muséum national d’Histoire naturelle : fiche espèce (Isopodes terrestres, Oniscidea)
- OPIE : rôle des cloportes dans la décomposition et l’humus
